Cette semaine, article un peu spécial puisqu’il nous permet de répondre aux questions que vous nous avez posées ! Prêts à découvrir quelques secrets sur les effets spéciaux ?

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Au détour d’un contenu publié sur notre page Facebook le 23 avril 2018, que vous pouvez retrouver ici, nous vous avons demandé ce que vous aimeriez savoir sur les effets spéciaux !

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Ils vous émerveillent, vous font rêver, voyager et même parfois vous surprennent… Ils sont absolument partout et pourtant, peu connaissent véritablement leurs secrets. En tant que studio d’effets spéciaux, nous avons envie de partager avec vous en vous aidant à mieux comprendre cet univers si riche et complexe de l’intérieur.

Pas moins de 13 réponses nous attendent, alors on décolle !

Questions de Benjamin V.

Quel est le pipeline de post-production le plus adéquat ?

Question très intéressante et ô combien importante pour mener correctement votre projet audiovisuel. Un pipeline se définit par la manière dont vous organisez les différentes étapes d’une production audiovisuelle.

Ici, il est question de la post-production, soit, après la réalisation du tournage et la prise d’images.

Il n’existe pas de réponse précise à cette question. Fixez-vous tout d’abord des objectifs auxquels vous devez répondre. Vous pouvez imaginer une multitude de pipelines différents basés sur différents critères : la flexibilité, préserver au maximum la qualité des fichiers rendus, la rapidité de production, la taille des fichiers…

Par exemple, il est possible de mettre en place un pipeline rapide qui permette de retoucher très rapidement les images d’un projet. En faisant ce choix, vous vous assurez une réactivité certaine et un gain de temps non négligeable, au risque de perdre en qualité sur le rendu final.

Au studio, nous travaillons au quotidien sur un pipeline bien défini que l’on peut vous décrire.

Notre objectif, tout au long des processus de retouches, est de favoriser la qualité de l’image en minimisant l’altération des fichiers.

Afin de produire la meilleure image possible, nous récupérons les rushs bruts (sortis du boitier) avec le moins de modifications possible. Ceci nous permet de maintenir la qualité première des images intactes.

Avant de commencer notre travail de post-production, notre première action consiste à appliquer une correction optique sur tous les plans. Les caméras ont tendance à déformer les images, ce qui ne permet pas aux logiciels 3D de les exploiter convenablement.

Ensuite, nous commençons par réaliser le match-moving de l’image. C’est-à-dire que nous analysons par ordinateur les mouvements réels de la caméra afin d’en définir des points de repère nous permettant ensuite de recréer une caméra en 3D.

Une fois cela fait, plusieurs étapes sont respectées :

  • La modélisation 3D de tous les objets
  • La création et l’application des textures à plaquer sur les objets 3D
  • Paramétrage du modèle en vue de l’animation, qui se fait parfois via le biais d’un squelette virtuel
  • L’animation des objets
  • La mise en lumière en fonction des plans
  • L’intégration d’effets supplémentaires comme les poils, eau, fumée, électricité…
  • Le calcul et le rendu 3D

Une fois ce travail préalable terminé, toute la partie 3D est intégrée au compositing du rush initial. Ce stade est important puisqu’il permet de s’assurer que la 3D s’intègre de manière crédible dans son nouvel environnement. Pour finir, on retouche d’autres aspects de l’image qui permet de faire le lien entre le réel et la 3D. Par exemple, les ombres de l’environnement réel sur le virtuel (et l’inverse) ou encore les effets de lumière causés par l’objectif.

Si vous souhaitez en savoir davantage sur le pipeline d’un projet audiovisuel dans sa globalité, revenez nous voir prochainement, car un article très complet arrive !

L’étalonnage se fait avant ou après les effets spéciaux ?

C’est une question que nos clients nous posent assez souvent.

Une image sortie du boitier est toujours décontrastée. Elle nous permet cependant de travailler sur des couleurs réelles et des intensités de lumières linéaires.

Il est presque impossible de travailler correctement sur une image déjà traitée. Derrière un étalonnage, il y’a toujours une notion artistique. Pour intégrer les effets visuels et la 3D sur ces images, il serait nécessaire de retrouver de façon précise tous les réglages définis.

Sur une image, ce n’est pas un énorme problème. En vidéo, il y’a une notion de mouvements et de dimension. Par conséquent, les reflets sur les objets 3D ou encore les couleurs seraient assez chaotiques, car ils ne réagissent plus de façon physique. C’est pour ces raisons qu’il est conseillé d’étalonner l’image et ses composants 3D en même temps afin de s’assurer une homogénéité et une intégration crédible.

Différence d'étalonnage pour les effets spéciaux

L’étalonnage se fait toujours après le travail d’intégration des effets spéciaux et de la 3D.

Pour s’assurer que notre intégration 3D restera cohérente avec l’étalonnage du vidéaste, nous en réalisons un en prévision pour vérifier la qualité du rendu final sur un résultat similaire. Cependant, nous envoyons toujours l’image brute avec nos effets spéciaux et la 3D intégrés.

Y’a-t-il plusieurs passes d’étalonnages ? (Une sur les primaires avant les VFX et une secondaire post VFX)

Comme nous l’indiquions sur la question précédente, l’étalonnage se fait toujours après les VFX.

Il peut y avoir plusieurs passes d’étalonnages. Dans notre méthode de travail, au studio, on en intègre 2.

La première peut s’apparenter à une passe technique qui uniforme les plans afin d’éviter d’observer des écarts d’ambiances dans une même scène. Nous travaillons les images pour garder une lumière cohérente entre chaque plan et éviter que certains d’entre eux soient trop clairs ou trop foncés.

La seconde passe se veut plus artistique et consiste à travailler les couleurs pour instaurer l’ambiance voulue.

Questions de Wendy B.

Pourquoi faut-il parfois un fond vert pour modifier la réalité et d’autres fois non ?

Il faut tout d’abord comprendre quelle est l’utilité première d’un fond vert. Il sert à isoler une personne ou un objet pour faciliter l’étape de détourage dans le but d’intégrer un décor en arrière-plan.

La seconde technique utilise la « rotoscopie ». C’est tout simplement l’art de détourer image par image un sujet filmé dans un environnement réel. Fondamentalement, aucune des deux méthodes n’est meilleure que l’autre.

Les différences qui subsistent entre ces deux solutions sont pourtant importantes. Elles n’ont pas la même implication ni la même utilité. Le fond vert facilite la post-production mais peut être très compliqué à mettre en place sur un plateau de tournage notamment à cause de toute la technique que cela implique.  A contrario, la rotoscopie n’engendre pas de problèmes particuliers durant le tournage mais devient vite chronophage lors des retouches.

Si le décor possède une grande partie en 3D ou en est exclusivement composé, le studio d’effets spéciaux privilégiera l’utilisation d’un fond vert, par simplicité.

La rotoscopie peut être envisagée, par exemple, si le budget alloué n’est pas suffisant pour tourner sur un fond vert (car ça peut coûter cher !), ou si l’intégration d’effets spéciaux ne nécessite pas de modifier tout le plan. Si votre personnage évolue dans un décor réel que vous souhaitez préserver, la rotoscopie peut être privilégiée dans le cadre d’un effet spécial peu « important ».

Est-ce que je peux apprendre à faire des effets spéciaux simples tout en étant mauvaise en math ?

Bien sûr ! Réussir à intégrer des effets spéciaux simples est à la portée de tout le monde, surtout sur de la 2D. Cela ne nécessite aucune connaissance particulière concernant la physique, les mathématiques ou la technologie en règle générale.

Cependant, acquérir ces connaissances vous permettra d’être meilleur et plus convaincant dans la réalisation. Sur le terrain de la 3D et des effets spéciaux plus complexes, ça devient une toute autre histoire. Cela dit, les maths ne restent pas l’enjeu le plus important, car le niveau requis reste accessible. Il faut surtout posséder un esprit logique si l’on souhaite s’aventurer dans la programmation pour écrire des scripts.

Là où il faut exceller quand on souhaite devenir un bon infographiste 3D est la compréhension de la physique. C’est-à-dire qu’il faut être à l’aise avec l’optique (les règles liées à la lumière), la dynamique (l’étude de la mise en mouvement des corps et des forces), la cinétique (l’étude de la trajectoire des corps)…

Si demain, vous souhaitez concevoir un bateau, il vous faut apprendre à définir quelles sont les bonnes lignes de flottaison, la tension des voiles, le cordage, sa manière de naviguer sur l’eau… Se renseigner sur ces aspects vous permet de proposer une modélisation 3D et des effets spéciaux crédibles et parfois, c’est très compliqué d’en appréhender sa technicité.

Le métier d’infographiste 3D regroupe énormément de compétences et c’est ce qui en fait un métier passionnant !

Questions de Jessica G.

Est-ce que c’est comme en photo ou il y’a juste à appuyer sur le bouton pour faire une photo de ouf ?

C’est même encore plus simple que ça !

En photo, il y’a une part d’humain. Avec les effets spéciaux, pas besoin de sortir de chez soi ou d’attendre de longues minutes (heures ?) l’instant idéal. On reçoit les images prêtes à passer sur la table d’opération, on presse le fameux bouton magique et, comme tout le monde le sait, les ordinateurs font le reste. Sinon, ça ne serait pas drôle au quotidien. 😉

Question de Christophe B.

Quel logiciel, assez intuitif, peut-on utiliser pour insérer des effets de fumée, des filtres d’ambiance ou des incrustations simples ? Fusion ? After effects ? Hitfilm ?

Lorsqu’on souhaite faire ses premiers pas dans l’édition d’images, c’est toujours un casse-tête pour choisir les bons outils qui nous conviennent. Souvent, vous n’avez pas le temps (ni l’envie) de tous les tester. Pourtant, quel plaisir de tomber sur le logiciel qui répond à nos besoins comme l’accessibilité et la multitude de petites fonctionnalités bien pensées !

Le vainqueur dans cette catégorie est sans conteste After Effects. Le système de calque qu’il propose reste familier pour des novices qui ont déjà une expérience sur Photoshop, ce qui est très souvent le cas. Sans compter sur les nombreux paramètres qu’il propose, idéal pour se familiariser avec le monde des effets spéciaux.

Pour des effets de fumée, des filtres d’ambiance ou des incrustations simples, comme demandé dans la question, tous les outils conviendront. Ils suivent tous une logique et une organisation différentes et certains pourraient mieux vous convenir que d’autres, sans forcément être vrai pour une personne différente.

Question de Leslie A.

Bientôt les mêmes articles en vidéo YouTube ?

Dans un avenir proche, il y’a peu de chances que nous investissions la plateforme. Cependant, on réfléchit quotidiennement sur la manière d’améliorer notre contenu. Il se pourrait qu’un jour, on décide de franchir le pas et d’allouer assez de ressources pour faire quelque chose de neuf sur YouTube. Wait and see 😉

Comment choisissez-vous les effets spéciaux dans un film ?

Très souvent, le scénariste et/ou le réalisateur ont une idée précise des effets spéciaux qu’ils souhaitent dès l’écriture du scénario. Leurs choix sont alors réfléchis en fonction de l’histoire qu’ils veulent raconter, mais aussi des moyens mis en place pour les réaliser (budget, délai…). Ces indicateurs nous permettent de réfléchir sur ce qu’il est possible de faire techniquement pour respecter leur cahier des charges.

Parfois, il est possible qu’un scénariste réfléchisse encore sur le scénario qu’il souhaite produire et soit indécis sur la direction qu’il souhaite emprunter concernant les effets spéciaux. Il sait qu’il en veut, mais n’arrive pas très bien à définir exactement quoi. Dans cette optique, nous nous impliquons dans les choix artistiques. Notre but est alors d’imaginer des VFX correspondant à l’univers souhaité.

À combien travaille-t-on ? Qu’est-ce qui varie selon les budgets ?

Pour la première question, le nombre de personnes dépendra intégralement de la taille du projet. Un film réalisé par Hollywood nécessite les services de plusieurs studios d’effets spéciaux simultanément comptabilisant chacun des centaines de petites mains d’infographistes 3D. Naturellement, une œuvre audiovisuelle moins ambitieuse demandera moins de ressources.

Concernant les budgets, 3 facteurs principaux sont pris en compte :

  • La complexité des effets spéciaux à réaliser
  • Le nombre de plans à truquer
  • Combien de personnes sont nécessaires pour respecter les délais.

Comment choisir ce qui est le mieux à faire entre effets spéciaux et mise en scène ?

Les effets spéciaux ne font pas tout. Si vous vous intéressez au sujet, vous n’avez qu’une seule idée à garder dans votre esprit : il n’y a rien de plus réel que le réel.

Vous devez toujours prioriser la mise en scène, pour plusieurs raisons. Vous n’avez pas besoin de retoucher l’image en post-production avec de la 3D ou des effets spéciaux et surtout, vous en préservez le réalisme.

Il faut que ça reste crédible aux yeux du public. Si vous arrivez aux limites du possible dans la mise en scène, c’est à ce moment-là qu’il faut envisager de passer aux VFX, pas avant.

Imaginez un acteur sous une armure intégrale, rouge flamboyant, massive lui permettant de voler grâce à des réacteurs. Ça ne vous rappelle rien ?

Difficile d’imaginer bouger de façon réaliste dans un accoutrement pareil. C’est pourtant le pari que s’est lancé Marvel pour l’une des scènes du premier Iron Man.

A l’époque, ça ne vous a peut-être pas surpris. Mais en y regardant de plus près, ça se voit n’est-ce pas ? Les mouvements de l’acteur ne sont pas naturels, tout simplement, car il est maintenu par des câbles soigneusement retirés en post-production.

Les seuls effets spéciaux visibles à l’écran concernent les étincelles ainsi que les différents réacteurs, notamment l’intensité lumineuse de celui qui est placé sur son torse (réacteur Ark).

C’était le tout premier film Marvel sorti il y’a tout juste 10 ans (30 avril 2008). Depuis, les producteurs ont complètement revu leurs méthodes pour préserver le réalisme des mouvements et préfèrent intégrer un Iron Man complètement en 3D la plupart du temps.

Question de Cédric T.

Comment modifier la réalité comme Doctor Strange ?

Pour réussir cet exploit, vous devez vous rendre à Kamar-Taj, au repaire de l’Ancien. Si vous réussissez, vous serez capable de miracle similaire au docteur. Bonne chance 😉

Plus sérieusement, les effets spéciaux du film Doctor Strange sont exceptionnels et surtout très différents. On ne pourrait probablement pas tout vous expliquer. Ce n’est pas pour rien que le film a été nominé aux Oscars 2017 dans la catégorie des meilleurs effets visuels.

Concernant son pouvoir de création de mondes parallèles, plusieurs techniques sont utilisées. L’une d’entre elles concerne la modélisation « procédurale » et permet de générer des décors 3D successifs affichés en boucle. Un logiciel comme Houdini pourrait vous permettre de faire ça.

Les effets spéciaux dans Doctor Strange

Le plus compliqué dans ces films n’est pas la réalisation des effets spéciaux, mais plutôt leur conception. Le travail imaginatif derrière ces films est titanesque !

Question de Céline B.

Y’a-t-il des effets spéciaux plus faciles à faire que d’autres ?

Bien sûr !

Les effets spéciaux considérés comme plus simples concernent la 2D. Ces derniers ne nécessitent pas de nombreuses étapes de retouches. Très souvent, c’est un travail ponctuel directement appliqué sur l’image finale.

Ce n’est pas la même histoire lorsqu’il s’agit de 3D où des notions d’incrustations plus complexes doivent être prises en compte. Ces effets-là nécessitent qu’on s’intéresse à leurs réactions avec l’environnement réel concernant, par exemple, les ombres, lumières, textures ou encore les animations.

On espère que cet article vous aidera à mieux comprendre l’univers des effets spéciaux et de la 3D. Si vous avez de nouvelles questions, postez-les dans les commentaires, on est là pour y répondre ! 😉